Dans le journal "SUD-OUEST" de mardi un article a été consacré à Babou.
Soleil tranquille sur Caudéran, 32°C, nuages épars. Au stade Stéhélin, les
membres présents d'Objectif Perche Atlantique (OPA) font leur traditionnel « petit-foot ». C'est comme ça que commence, en général, l'entraînement des perchistes bordelais. Un groupe entraîné par
Georges Martin. Un groupe dont les membres se serrent la main en claquant des doigts façon « Prince de Bel-Air ». Un groupe qui a placé deux des siens dans les six premiers des championnats du
monde à Berlin, le samedi 22 août dernier : Romain Mesnil, médaille d'argent, et Damiel Dossevi, sixième.
Ce tir groupé de l'équipe de France, avec la médaille de bronze du Charentais Renaud Lavillenie, restera comme « une soirée historique pour la perche française » selon les propres
termes de Pierre Quinon, champion olympique de la discipline en 1984. Il en reste de belles photos avec les trois Français posant derrière la bannière bleu, blanc, rouge.
« Je ne voulais pas faire de tour d'honneur : Romain et Renaud avaient des médailles, c'était leur joie. Mais les photographes m'ont demandé d'aller avec eux... », s'excuse presque
le troisième homme. Un athlète de 26 ans, calme et souriant, qui s'est glissé en toute humilité dans la bataille des cadors en franchissant 5,75 m à sa deuxième tentative.
Berlin, effets secondaires
« Berlin, ça a changé quelques petites choses, commente Damiel Dossevi. Déjà au niveau des sponsors et du fait que je sois passé en ligue pro (il est désormais salarié par sa
fédération pour deux ans, NDLR). Ce sera plus simple de gérer, je pourrai m'entraîner sans me prendre la tête. Et, surtout, ça me met en confiance. J'ai fait une bonne année et je ne voulais pas
la finir sur un mauvais résultat. » Pour le coup, il a égalé son record personnel de 2005 et obtenu sa meilleure place dans une compétition mondiale.
Dans la foulée, et malgré deux zéros à Gateshead il y a huit jours et à Rieti avant-hier, il a assuré sa place dans les sept meilleurs mondiaux et décroché un ticket pour la Finale
mondiale de l'athlétisme, dimanche en Grèce (lire ci-contre). « Je repense à mon opération en 2007. J'ai mis un an et demi à ne plus avoir mal au coude, tout en étant à 5,60 m chaque année. Le
résultat de Berlin est une suite logique », se réjouit Damiel, dit « Babou », fils, neveu et cousin de footballeurs professionnels.
« De belles choses »
Après la Finale mondiale viendront les vacances, puis la tournée hivernale du Perche Élite Tour. En point de mire, les championnats d'Europe, l'été prochain à Barcelone. «
Maintenant, je sais que je fais 5,70 m régulièrement, je ne me dis plus que c'est infranchissable », raconte le bachelier du lycée Montesquieu, venu à l'athlétisme au collège Saint-André en
faisant du sport scolaire avec Jean-Marc Bédécarrax.
« Je ne me suis jamais dit que je serais un grand perchiste ou un champion olympique. La passion n'est venue avec le temps, parce que j'ai vécu de belles choses avec la perche. Je me
faisais d'abord plaisir à l'entraînement, et les perfs sont venues toutes seules », se souvient Damiel Dossevi. À l'écouter, c'est presque par hasard qu'il a trouvé sa place parmi les meilleurs
perchistes mondiaux. Mettons que ce soit vrai. Alors le hasard fait bien les choses.